Les fondateurs du Cercle Molière : Louis-Philippe Gagnon, André Castelin de la Lande et Raymond Bernier.
Arthur Boutal, Directeur artistique (1926-1940).
Pauline Boutal, Directrice artistique (1940-1967)
Roland Mahé, Directeur artistique (1967-présent)
Les Belles soeurs (1970)
Théâtre de la Chapelle (1997-2010)
Laxton (octobre 2004) Photo : Hubert Pantel
Prof! (février 2007) Photo : Hubert Pantel
Douze hommes en colère (mars 2008) Photo : Hubert Pantel
Dust & Dreams (avril 2002) Photo : Hubert Pantel
Puulik cherche le vent (novembre 2002) Photo : Hubert Pantel

Historique

L'histoire du Cercle Molière

La compagnie théâtrale Le Cercle Molière fut fondée en 1925 par trois hommes. Raymond Bernier, douanier, en fut un le premier directeur. André Castelein de la Lande, enseignant belge, en fut le premier directeur artistique. Et Louis-Philippe Gagnon, Québécois établi à Saint-Boniface où il tenait une petite librairie, en fut le premier président

Le Cercle Molière commença par monter une comédie française du XIXe siècle, intitulée Le monde où on s’ennuie.

Arthur Boutal en fut le directeur de 1926 à 1940. Puis, en 1940, sa femme, Pauline, lui succéda. C’est pendant l’ère Boutal que le CM acquit sa brillante renommée.

Avant les années 50, il n’existait pratiquement pas de troupes de théâtre professionnelles au Canada. Pendant les années 30 et 40, l’événement théâtral le plus couru était le Festival d’art dramatique du Canada.

Les troupes amateurs de tous les coins du pays consacraient l’année à s’y préparer. Habituellement, les juges étaient des Britanniques distingués, vêtus d’un complet de tweed. Et le Cercle Molière se tailla la réputation d’être un éternel gagnant à ce festival. Le Cercle Molière devint rapidement la troupe de théâtre amateur la plus respectée au Canada.

Au milieu des années 60, le moment était venu de donner un second souffle au Cercle Molière. Et c’est Roland Mahé qui allait s’en charger.

Roland Mahé, directeur artisitique

En 1964, il renonça à une carrière de professeur d’art pour travailler aux productions du Cercle en tant que costumier, décorateur et metteur en scène. En 1967, il prit la relève de Pauline Boutal et devint le premier directeur artistique à temps plein du CM.

Le première décennie de l’ère Mahé fut marquée par les transformations et l’expansion. Le CM accéda au rang de troupe professionnelle et cessa d’adopter les normes culturelles françaises.

En 1970, Roland Mahé tenta quelque chose qui paraissait extraordinaire à l’époque : il prit le risque de produire une pièce d’un jeune dramaturge québécois. Il s’agissait de Les Belles Soeurs, de Michel Tremblay. Le jeu en valut la chandelle : la pièce fut bien accueillie et jouée à guichets fermés malgré la controverse.

En 1974, le CM déménagea à la salle Pauline-Boutal (dans le Centre culturel franco-manitobain), qui contenait 300 places.

Les années 70 et 80 furent l’âge d’or, au Canada, des subventions de l’État et des records d’assistance pour le Cercle Molière et pour de nombreux autres organismes culturels. Et le CM fit preuve d’audace : la plupart des pièces qu’il monta étaient l’oeuvre de dramaturges canadiens, dont plusieurs Manitobains. En outre, dans le cadre d’un ambitieux programme de tournées, la troupe joua un peu partout dans l’Ouest canadien, ainsi qu’à Ottawa.

John Van Burek, metteur en scène, professeur de théâtre et traducteur des pièces de Tremblay croit que le Cercle est un fascinant microcosme du Canada lui-même :

« L’histoire du Cercle est marquée par la contradiction à laquelle le pays doit faire face : combattre l’isolement, tout en étant protégé par cet isolement. La ténacité des collectivités francophones de l’Ouest du Canada est renversante. L’assimilation est une menace constante, et leur simple survie prouve à quel point leur culture est enracinée. Le Cercle est la preuve qu’un théâtre en santé peut servir de catalyseur. »

Extraits de l’article de Martin Knelman, paru dans La Revue de l’Impériale, hiver 1997, avec l’aimable autorisation de monsieur Knelman et de l’Impériale.

En 1997, Le Cercle Molière prit un autre tournant : il quitte la salle Pauline-Boutal pour s’installer dans le Théâtre de la Chapelle, toujours à Saint-Boniface. Un changement audacieux, car cette petite salle qui accueille 90 spectateurs, d’une architecture scénique modeste, a plutôt l’aspect d’un cabaret. Les productions prennent une facture plus intime, compte tenu de la proximité du public. C’est un théâtre que les abonnés du Cercle connaissent bien puisque le Cercle y présente des pièces de sa série Café-Théâtre depuis sept ans.

Les abonnés, habitués aux fauteuils confortables de la salle Pauline-Boutal pourraient décider de ne plus fréquenter le CM. Mais les quatre productions de l’an dernier ont déjà attiré de nouveaux spectateurs, un public plus jeune, recherchant un théâtre épuré, d’une grande richesse au niveau du texte et du jeu des comédiens, mais d’une conception scénique plus modeste. D’ailleurs, critiques et spectateurs ont été unanimes à saluer l’excellence des productions présentées par le CM.

Au Cercle Molière, on n’abandonne pas l’idée de retourner à la salle Pauline-Boutal, s’il est possible de la rénover, avec la coopération du Centre culturel franco-manitobain et des gouvernements provincial et fédéral. Des négociations à ce sujet sont en cours.

Pendant toute la saison 2000–01, le CM célébrait son 75e anniversaire en présentant 5 spectacles d’auteurs franco-manitobains, dont 3 créations. Avec Poisson du dramaturge Marc Prescott, le Cercle Molière remportait le « Masque de production franco-canadienne de l’année » décerné par L’Académie québécoise du théâtre. Autre haut point, la publication du cahier souvenir Passion et création, qui fait revivre les beaux moments de théâtre par le biais de photos et d’un texte de Jean-Pierre Dubé. Le CM continue à innover et former par le biais du projet Jeunes apprentis qui permet à 4 jeunes Franco-manitobains de suivre une formation variée dans plusieurs disciplines théâtrales.

La saison 2001–02 a vu une hausse des abonnements de saison et des salles combles. Une coproduction avec L’UniThéâtre d’Edmonton de la comédie musicale de Connie Kaldor, Dust & Dreams a été particulièrement appréciée, grâce aux excellentes traductions signées Gérard Jean (chansons) et Marc Prescott (texte). Le CM entrevoit avec enthousiasme sa 77e saison.

La saison 2002–03 a vu grimper, pour une sixième année consécutive, le taux d’abonnement, qui a atteint 92% des fauteuils disponibles. Saison diversifiée, succès de la création du texte inuit de l’auteur franco-manitobain Richard Alarie, Puulik cherche le vent, 126 soirées à l’affiche, 33 rôles pour comédiens manitobains, nouvelles initiatives, spectacles joués à guichet fermé, somme toute, la 77ième saison de la troupe a été bien réussie.

En 2003–2004, le CM offrait à son public trois pièces franco-manitobaines sur quatre, dont 2 créations. Encore de Marc Prescott et La Grotte de Jean-Pierre Dubé suscitent la réaction et Séraphin Poudrier de Roger Auger touche une corde sensible. Le succès international Art donne l’occasion à une nouvelle metteure en scène manitobaine, Geneviève Pelletier, de prendre de l’expérience. Le projet Bouche à oreille, avec de nouveaux textes de Marc Prescott, est présenté dans 42 écoles devant plus de 2 800 élèves. Une nouvelle initiative, La petite école de théâtre du Cercle Molière, sous la direction d’Éric Lalande, connaît un grand succès et prendra de l’ampleur dans les saisons à venir. Pour une septième année de file, le nombre de personnes qui choisissent de s’abonner au CM augmente, pour atteindre 95% du total possible. Et la grande soirée de collecte de fonds, le “Gala du homard” accueille 1 100 invités, un record ! La saison a été mouvementée — 209 représentations, 34 rôles pour comédiens manitobains, le travail d’une centaine de bénévoles, un 34e Festival Théâtre jeunesse où 660 jeunes participants s’amusent à faire du théâtre, des lectures éclatées, la célébration de la Journée internationale du théâtre, des honneurs pour Roland Mahé qui reçoit L’ordre des francophones d’Amérique, des contrats importants pour les artisans d’ici et des succès populaires devant un public averti.

Le CM a monté les nouveaux textes de deux auteurs manitobains, Rhéal Cenerini et Glenn Joyal, dans le cadre de la saison 04–05. Laxton de Rhéal Cenerini, mis en scène par Geneviève Pelletier, est invité à participer au Festival Zones théâtrales à Ottawa en septembre 2005. La production du Théâtre du Grand Cercle, Le voyage du train, a été présenté devant plus de 2 000 élèves, parents et enseignants.

Saison 2005–06 : on célèbre les 80 ans du Cercle Molière! Suite au grand succès de son « Gala du homard » annuel, le CM présente deux spectacles qui viennent de l’extérieur : du Théâtre de l’Île, Grace et Gloria, de Tom Ziegler, mettant en vedette l’incomparable Viola Léger et Danielle Grégoire ; des Productions Jean-Bernard Hébert Inc., Visites à M. Green, de Jeff Baron, avec Albert Millaire et Louis-Olivier Mofette. Deux productions du Cercle Molière viennent compléter la saison : Mambo italiano, de Steve Gallucio, comprenant une distribution de huit Manitobains. (Ces trois pièces mentionnées ont été traduites par nul autre que Michel Tremblay) ; et la création Surprise! du Manitobain Marc Prescott. Le Théâtre du Grand Cercle présente pour les adolescents et les plus jeunes : Cette fille-là, de Joan MacLeod, et De bouche à oreille (en tournée dans les écoles manitobaines). Pour boucler la saison : la 36e édition du Festival Théâtre Jeunesse et le Festival des lectures éclatées.

Le Cercle Molière a connu un grand succès lors de sa saison 2006–07. Une saison remarquable qui comptait 1, 530 abonnés! La première pièce présentée, Le Professionnel, de Dusan Kovacevic, nous venait d’une troupe invitée de Montréal, une production du Groupe de la Veillée, mettant en vedette Gabriel Arcand, Onil Melançon, Lilianna Komorowska et Bernard Carez, dans une mise en scène de Téo Spychalsky. Cette pièce est suivie d’une production du CM, La Boutique au coin de la rue, une romance très populaire depuis sa création dans les années ‘30 en Hongrie, oeuvre de Miklos Laszlo. Mise en scène d’Irène Mahé, avec Lynne Connelly, Daniel Gervais, Alphonse Tétrault, Shane Barnabé, Marco McDonald, Nicolas Franco, Claire Sparling, Jeannette Arcand, Gabriel Gosselin et Aimé Boisjoli. Au plus froid de l’hiver, c’est Prof! qui est présenté, un one-man show, joué par Francis Fontaine, mise en scène de Roland Mahé. La dernière pièce de la série Un petit jeu sans conséquence, de Jean Dell et Gérald Sibleyras, mise en scène de Geneviève Pelletier, avec Janique Lavallée, Christian Perron, Patrick Trudel, Alison Palmer et Alain Jacques. 

C’est un auteur manitobain, Glenn Joyal, qui signe le premier spectacle de la Saison 2007–08, Des Lions et leur pont. En novembre/décembre, le CM reçoit une production du Théâtre de l’île, dans une mise en scène de Gilles Provost : Les Amours mûres, de Norm Foster. Une dangereuse obsession, de Nigel J. Crisp, nous arrive en janvier des Productions Jean-Bernard Hébert. La dernière pièce de la saison a aussi un succès éclatant : Douze hommes en colère de Reginald Rose.  Mise en scène de Irène Mahé, la distribution comprend douze comédiens manitobains. La saison s’est terminée avec le Festival des Lectures éclatées.